Notre Histoire

Une tradition vivante de sport, de culture et de convivialité

Les fondateurs du Sokol

Miroslav Tyrš

Jindřich Fügner

Aux origines du Sokol

La création du Sokol s’inscrit dans le contexte du relâchement des contraintes politiques dans l’Empire austro-hongrois. À cette époque, de nombreuses associations culturelles et patriotiques se sont développées, mais la société nouvelle exigeait également la condition physique de chaque individu. C’est ainsi que les établissements de gymnastique prospéraient, parmi lesquels l’institut tchèque Malypetr, qui joua un rôle décisif dans la naissance du Sokol. L’un de ses pratiquants, puis instructeur, était Miroslav Tyrš.

Il contacta les membres de l’institut Schmidt et les convainquit de participer à la création d’une société de gymnastique tchèque. Avec Julius Grégr, il rédigea les statuts de la nouvelle Tělocvičná jednota pražská (Union gymnastique de Prague) et les soumit à l’administration impériale en décembre 1861.

Les statuts furent approuvés, et l’assemblée constitutive se tint à l’institut Malypetr, rue Panská, le 16 février 1862, date aujourd’hui considérée comme celle de la fondation du Sokol. 75 membres y assistèrent. Dirigeants et premiers développements

Le président élu fut Jindřich Fügner, et Miroslav Tyrš fut choisi comme vice-président, puis chef. Le principal slogan promu par Tyrš était «Tužme se !» («Fortifions-nous !»). Barák proposa le salut «Nazdar !», Fügner introduisit le tutoiement et l’usage de l’appellation «Frère », et Mánes dessina le premier drapeau et esquissa les premiers costumes traditionnels.

Les activités gymniques du Sokol débutèrent dès mars 1862. Dès le départ, deux groupes de responsables débattaient du programme de la nouvelle association. Le groupe autour de Tyrš et Fügner mettait l’accent sur le contenu des entraînements, tandis que les autres membres du comité, dirigés par Thurn-Taxis, privilégiaient la participation à des fêtes publiques et événements sociaux.

Le programme d’entraînement était déjà très progressif : en plus des exercices libres, en rang et sur appareils, les membres pratiquaient des disciplines de combat (escrime, haltérophilie, lutte, lancer de poids, etc.) et les bases de l’athlétisme (courses et sauts). La vie au Sokol ne se limitait pas au sport : conférences éducatives, activités musicales, théâtrales et de marionnettes, concerts, bals et festivités faisaient également partie intégrante de la vie associative.

Le Sokol pendant la guerre

Avant la Première Guerre mondiale, les autorités austro-hongroises ne limitaient pas l’activité du Sokol. Les unités devaient certes déclarer toutes les manifestations publiques et excursions auprès des préfectures de district compétentes, mais cette obligation concernait toutes les associations, y compris allemandes.

À la déclaration de guerre, de nombreux Sokols furent mobilisés. Dans les unités restaient principalement des hommes plus âgés, des femmes, des adolescents et des élèves. La direction centrale du ČOS (Fédération centrale du Sokol) savait que le soutien aux peuples sud-slaves hostiles à la monarchie pouvait attirer l’attention des autorités austro-hongroises. Elle montra sa loyauté envers l’Empire en mettant ses salles à disposition pour les hôpitaux militaires, en organisant le soin des soldats blessés par la section féminine, et en préparant la jeunesse au service militaire.

Malgré la dissolution de la direction centrale du ČOS par un décret du ministère de l’Intérieur austro-hongrois le 24 novembre 1915, les unités locales continuèrent leurs activités en tant qu’entités juridiques indépendantes.

La vigilance des autorités s’avéra justifiée. En 1914, les Sokols représentaient une part importante du groupe militaire tchèque Nazdar en France, intégré à la Légion étrangère française. La compagnie où servait František Kupka remporta la bataille mémorable d’Arras le 9 mai 1915. Dans les légions tchèques en Russie, le Sokol imposa son organisation et son vocabulaire, avec le salut «Nazdar !» et l’usage de «Frère».

À la fin de la guerre, les légions tchèques en Russie, en France et en Italie comptaient près de 100 000 hommes. L’importance du Sokol pour la création de la République tchécoslovaque fut reconnue par le président T. G. Masaryk, qui déclara :

« Sans les Sokols, il n’y aurait pas eu de légions, sans légions, il n’y aurait pas eu de Tchécoslovaquie. »

L’age d’or du Sokol

Le Sokol et la création de la Tchécoslovaquie

Le 28 octobre 1918, jour de la naissance de l’État tchécoslovaque indépendant, la direction de la Česká obec sokolská décida de créer la Garde nationale. La jeune République manquait de structures de pouvoir, notamment d’une armée, puisque les légionnaires destinés à en constituer le noyau n’étaient pas encore rentrés au pays.

La fin de l’activité de la Garde nationale ne signifia pas la fin de l’engagement des Sokols pour le maintien de l’autorité de l’État. En 1919, des régiments volontaires de la Garde de la liberté, composés principalement de membres des unités Sokol, participèrent aux combats contre les Hongrois en Slovaquie.

L’essor du Sokol durant la Première République

Pendant l’entre-deux-guerres, le Sokol devint véritablement une organisation nationale. Un Tchèque sur quinze en était membre, et le nombre total approchait le million. La ČOS comptait 52 districts (žup), dont six en Slovaquie et en Ruthénie subcarpathique. La construction de salles Sokol culmina, avec des Sokolovny dans presque toutes les communes tchécoslovaques.

Les sportifs sokols devinrent l’épine dorsale des équipes nationales du jeune État et remportèrent la majorité des médailles olympiques tchécoslovaques d’avant-guerre, dont la première médaille d’or obtenue par le gymnaste Bedřich Šupčík aux JO de 1924 à Paris.

L’influence du Sokol ne se limitait pas au sport : il joua un rôle central dans la vie culturelle, sociale, économique et politique de la Tchécoslovaquie, devenant un symbole quasi universel du peuple tchèque et de l’État indépendant.Le Sokol pendant la Seconde Guerre mondiale

Environ 1 500 Sokols furent touchés par les persécutions. La plupart furent déportés via la Petite Forteresse de Terezín vers le camp de concentration d’Auschwitz. Dès la première vague d’arrestations, le 8 octobre 1941, Reinhard Heydrich signa un décret officiel dissolvant la Česká obec sokolská. L’argument principal invoqué était que l’organisation du Sokol servait à grande échelle le mouvement de résistance.

Le geste le plus emblématique du Sokol dans la résistance fut sa participation à l’assassinat de Reinhard Heydrich. Les résistants sokols considérèrent cet attentat comme une vengeance personnelle, non seulement pour le chef exécuté Pechláta, mais surtout pour les victimes de l’« Action Sokol ». Sans l’aide littéralement suicidaire des Sokols, l’attentat n’aurait jamais pu être réalisé.

Les Sokols participèrent aux combats de la Seconde Guerre mondiale sur tous les fronts. La défaite de l’Allemagne nazie représentait pour eux non seulement la libération du pays occupé, mais aussi la préservation des idéal sokols traditionnels.

En avril 1940, à Paris, fut fondée la Župa Sokol étrangère. Le général Sergěj Ingr, chef de l’administration militaire tchécoslovaque, salua sa création en ces termes :

« Tout comme notre nation a toujours pu compter sur la fraternité sokol quand elle avait besoin d’aide, elle peut à nouveau compter sur tous les cœurs fidèles tchécoslovaques lorsque la Patrie appelle. Je me réjouis de pouvoir à nouveau compter notre Sokol parmi les plus fidèles. »

Après la guerre, les pertes de la ČOS entre 1939 et 1945 furent évaluées à partir des réponses de 80 % des unités sokols de Bohême et de Moravie.

11 611 membres de la ČOS furent emprisonnés

1 212 Sokols furent exécutés par les nazis

2 176 moururent dans les camps de concentration, prisons ou maisons de détention

124 adolescents et jeunes Sokols périrent pendant la guerre

Pendant l’insurrection tchèque, 654 Sokols furent tués et 164 blessés

Le courage des hommes et des femmes du Sokol, proche du sacrifice de soi, fut une grande surprise pour les occupants. František Pecháček exprima les sentiments de nombreux Sokols dans ses derniers mots à ses compagnons de cellule :

« Adieu, frères, je sais que je vais mourir, mais je n’en ai pas peur. L’homme courageux meurt une fois, seuls les lâches meurent cent fois. Je mourrai en paix, car je sais que nos sacrifices n’ont pas été vains. »

La résistance du Sokol

L’après-guerre et la période communiste

Après la Seconde Guerre mondiale, le Sokol fut fortement affaibli : de nombreux dirigeants avaient péri. Cependant, peu après la libération, les activités furent spontanément reprises. Le Sokol était perçu comme un pilier de la démocratie et comme un contrepoids à la montée du communisme. Le nombre de membres augmenta rapidement : à la fin de 1947, dans 52 districts, 3 686 unités et sections regroupaient plus d’un million de membres.

En février 1948, la direction de la ČOS refusa la création de comités d’action. Mais face à la situation politique tendue, elle ne réagit que trop tard, alors que le pouvoir communiste était déjà pratiquement consolidé. Les communistes ne laissèrent rien au hasard et mirent immédiatement en place les comités d’action, chargés de procéder à une « épuration des éléments réactionnaires ». Dans le contexte des préparatifs du XIᵉ rassemblement mondial du Sokol, ces mesures furent un véritable coup dur pour les Sokols attachés à la démocratie.

Après le coup de février 1948, le Sokol passa rapidement sous le contrôle total du pouvoir communiste et fut progressivement intégré à la gymnastique socialiste. En tant qu’organisation indépendante et volontaire, il disparut, et seules les unités à l’étranger poursuivirent ses activités, y compris l’organisation des rassemblements. Lors du Printemps de Prague en 1968, d’anciens dirigeants de la ČOS tentèrent de restaurer le Sokol, mais leurs espoirs furent brisés par l’invasion des troupes du Pacte de Varsovie et la normalisation qui suivit.

La fondation du Sokol de Paris

En 1889, la république française commémore le centenaire de la Révolution par une Exposition Universelle, l’édification de la Tour Eiffel ainsi que par le XVème congrès de l’union des gymnastes français. Le cofondateur et Président de l’union, l’architecte Joseph Sansboeuf, eut l’idée d’inviter les Sokols tchèques de Prague. Ils vinrent effectivement, participèrent au cortège et finirent par gagner les trois premières places lors des compétitions.
Président Carnot s’intéressa à leur pays et les félicita pour leur succès. Ainsi, en 1889, Paris fut le lieu du premier voyage des Sokols tchèques hors d’Autriche-Hongrie en Occident ! Deux ans plus tard, en 1891, Prague organise son « exposition jubilaire » (La première avait eu lieu en 1791) et la Communauté des sokols tchèques réalisa en même temps son 2ème rassemblement (Slet).
Comme les Sokols de lors de leur apparition à Paris, les gymnastes français font sensation à Prague ; c’est la première délégation non slave au Slet ! Les Français sont surpris par l’accueil des pragois et par les exercices physiques et l’esprit des Sokol. A son retour à Paris, Monsieur Sansboeuf adhère immédiatement à l’Association des Tchèques et Slaves à Paris la : « Cesko-Moravska Beseda », fondée en 1862 par le révolutionnaire tchèque exilé, J.V.Fric.

Cesko-Moravska Beseda

Il invite à créer en son sein une section de gymnastique Sokol. Cette section se constitue dès novembre et, en 1892, elle se rend au congrès de l’union des gymnastes français à Nancy, où elle retrouve une forte délégation de « frère » Sokol de Prague. Le 24 novembre 1892, la « Cesko-Moravska » prend le nom de « Sokol de Paris ». C’est ainsi qu’est née notre « jednota » ou Unité Sokol de Paris.

Sokol de Paris 1914-1918

Les organisations sokols furent crées dans divers pays Européens, aux USA, au Canada et en Australie. Jusqu’en 1948, elles firent partie de la fédération des Sokol tchécoslovaques, Les « Rassemblements » des Sokol permettaient de connaître l’existence des Tchèques. Cette activité des Sokols eut son importance durant la 1er guerre mondiale et fut le soutien principal de la démarche de T.G. Masaryk, E. Benes et M.S. Stefanik pour l’indépendance de l’Etat Tchécoslovaque. Au déclenchement de la 1er guerre mondiale en 1914. Les membres du Sokol de Paris ainsi que ceux de l’organisation « Rovnost » à Paris s’engagèrent dans l’armée française et furent appelés à servir dans la Légion Etrangère. Dans le camp d’instruction de Bayonne, ils formèrent une compagnie légendaire dénommée « Nazdar ».
En février 1916 fut proclamé le Conseil National Tchécoslovaque, représenté par T.G. Masaryk, J. Düpjch, le Slovaque M.S. Stefanik et le secrétaire E. Benes, dont le siège était à Paris. En décembre 1917 le Président de la République Française Raymond POINCARE décréta l’organisation Tchécoslovaque combattante à côté des Alliés sous le commandement du Générale Foch. La mission militaire, envoyée en Tchécoslovaquie après la guerre, subsistera jusqu’à 1948, commandée d’abord par le Général français Pelle, puis le Général Faucher. Le « Sokol de Paris » et « l’Association des volontaires Tchécoslovaques en France » avec la coopération du Maire de la commune de Neuville Saint-Vaast (62), Monsieur Petit, créaient en 1919 le cimetière de la Targette, où reposent les soldats Tchèques et Slovaques tombés durant la guerre. Désormais repose également les soldats Tchèques et Slovaques morts en France durant le dernier conflit.

l’entre deux guerres

Dans la période de l’entre deux guerres mondiales, l’activité gymnique et sportive du Sokol de Paris reprit son élan. En 1920 les Sokols s’installent dans la salle de gymnastique de la rue Cailleté à Saint Mandé (94), grâce à la générosité de la municipalité et du Maire de Saint Mandé, Monsieur Dijon. En 1938 le Sokol de Paris acheta l’actuel terrain de sport à Gournay sur Marne.

Seconde guerre mondiale

Pendant la 2ème guerre mondiale, certains membres du Sokol de Paris participèrent activement à la résistance. Après la 2ème guerre mondiale, le Sokol de Paris comptait 319 membres et, en 1948, participa au XIème Slet à Prague. Mais le régime communiste, installé en Tchécoslovaquie depuis le putsch de février 1948 a très vite dissout l’organisation Sokol.

Une histoire qui continue de s’écrire

Aujourd’hui, le Sokol de Paris est une association dynamique et intergénérationnelle. Héritière de plus de 140 ans de tradition Sokol, elle s’inscrit dans un mouvement mondial qui, depuis sa création en 1862, a toujours mêlé sport, culture, engagement citoyen et solidarité.

Portée par ses bénévoles, ses entraîneurs et ses membres, l’association continue de transmettre les valeurs fondatrices du Sokol : respect, entraide, engagement, discipline et convivialité. Chaque activité sportive, chaque événement culturel ou chaque rencontre humaine est l’occasion de prolonger cet héritage tout en l’adaptant au monde d’aujourd’hui.

Rejoindre le Sokol de Paris, c’est devenir acteur d’une histoire collective, participer à une tradition vivante et contribuer à un projet sportif ou culturel, tout en partageant un idéal de fraternité. Le Sokol de Paris propose des activités sportives et culturelles pour tous, sans distinction d’âge ou de conditions.

Le Sokol incarne un patriotisme dans le meilleur sens du terme : il guide ses membres vers l’amour de leur pays et le respect du patrimoine culturel de la nation tchèque. Les Sokols sont des acteurs dynamiques au sein de leur communauté, moteurs d’initiatives sportives et culturelles. Ils sont fiers de leur tradition et la préservent avec respect, tout en la faisant vivre au présent.

On parle de nous

Le Sokol de Paris, plus de 120 ans d’histoire

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Le mouvement Sokol

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